Elle a ainsi déjà procédé à l’exécution des réparations pour les personnes ayant subi des violences sexuelles commises par des religieux de l’ordre, via la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR). Plus de 20 personnes ont reçu une indemnisation, tandis que plus de 20 dossiers…
Elle a ainsi déjà procédé à l’exécution des réparations pour les personnes ayant subi des violences sexuelles commises par des religieux de l’ordre, via la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR). Plus de 20 personnes ont reçu une indemnisation, tandis que plus de 20 dossiers sont en cours de traitement, si l’on en croit le dernier bilan établi par la Commission d’enquête indépendante, qui accompagne les religieux dans cette mission.
34 000 euros en moyenne par personne
Le montant moyen des réparations prononcées par la CRR est de 34 000 euros par personne. Mi-octobre, cela représentait un montant d’environ 900 000 euros, versé par cette congrégation.
Le site anime le village depuis 1813.
Marc Zirnheld
Les responsables religieux se sont également engagés à réparer les violences sexuelles commises par les laïcs employés au sein de l’établissement de Notre-Dame-de-Bétharram. Elle a confié à la Commission d’enquête indépendante basée à Bayonne, la mission de définir les modalités de ces réparations.
« La congrégation dispose d’un patrimoine lui permettant de prendre un engagement fiable sur les réparations »
Face à l’ampleur de l’affaire Bétharram, avec plus de deux cents plaintes déposées, la Congrégation a, ces dernières semaines, commencé à vendre ses biens, en parallèle d’une évaluation du patrimoine du Vicariat de France. « Un travail d’audit est en cours. Il a néanmoins déjà établi que la congrégation dispose d’un patrimoine lui permettant de prendre un engagement fiable sur les réparations », a précisé la Commission d’enquête indépendante au moment de son point d’étape mi-octobre.
199 000 euros pour une maison
D’ici une quinzaine de jours, cette commission, la Congrégation et la CRR ont également prévu de dévoiler « les actions engagées et les moyens mobilisés par la Congrégation pour abonder le fonds de réparation pour les victimes ».
De quoi préciser le détail des premières ventes déjà effectuées par la Congrégation. De petites fermes ont déjà trouvé des preneurs et c’est actuellement une imposante demeure béarnaise, datant de 1818 située dans la commune de Lestelle-Bétharram qui est en vente. Il s’agit d’un bien de 383 m², 12 pièces, 9 chambres avec 1 460 m 2 de terrain proposé pour 199 000 euros. Un bien avec du « charme et de l’authenticité » « un fort potentiel » … mais nécessitant un sérieux rafraîchissement.
Le musée du patrimoine des pères de Bétharram fait partie des biens de la Congrégation.
Nicolas Sabathier
Reste à savoir si la congrégation ne sera pas aussi tentée de tourner définitivement la page de « l’affaire Bétharram », en se défaisant des murs du collège qui a déclenché le « MeToo » de l’enseignement catholique. Si les religieux n’ont pas donné suite à nos questions, pas plus que les élus ou responsables scolaires, une hypothèse commence à faire jour concernant le transfert éventuel des collégiens vers la commune toute proche d’Igon. Les élèves se rapprocheraient ainsi « logiquement » du site de l’école et des lycées professionnels et généraux qui forment déjà depuis 2009 l’Ensemble scolaire le Beau Rameau.. Ce scénario aurait même pu être envisageable sans le scandale Bétharram.
Que deviendraient alors les impressionnants bâtiments historiques de Lestelle-Bétharram qui accueillaient dans les années 80 jusqu’à 600 élèves, dont 500 réussiraient à l’internat ? Ils sont voisins de l’Ehpad des prêtres, du chemin de Croix composé d’un calvaire et de 15 chapelles, d’un musée du patrimoine des pères avec son fameux sismographe, de la salle et des terrains de sport, de l’ancienne école et du lycée abandonnés depuis pour Igon. Les plus anciens se souviennent d’un complexe qui disposait même de sa véritable piscine.
Les pères de Bétharram ont finalement refusé de vendre à la mairie de Pau la maison Saint-Michel située avenue Trespoey à Pau.
Marc Zirnheld
Ancien carmel de Pau : les pères vont-ils relancer la vente ?
La congrégation du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram est présente dans le Sud-Ouest de la France, mais aussi en Italie, en Espagne, en Afrique, Amérique du Sud et Asie du Sud-Est. Et en Béarn, elle n’est pas uniquement ancrée à Lestelle-Bétharram. À Pau, elle est propriétaire, depuis 1970, de l’ancien carmel, devenu Maison Saint-Michel. Un vaste ensemble immobilier situé au 101 de l’avenue Trespoey.
En juillet 2020, la municipalité souhaitait racheter pour 1,1 million €, 2 000 m² de foncier bâti pour y créer cinq logements destinés à être occupés par des femmes victimes de violences et environ 3 700 m² d’espaces extérieurs pour créer un parc public. Les pères avaient finalement renoncé à la vente. Selon l’adjoint aux finances de la ville de Pau qui avait œuvré pour faire avancer ce dossier, les pères ont depuis « fait affaire avec le diocèse ».



